Pater, Mater...
Je frappais trois fois et entrais sans attendre. La cuisine était allumé ainsi que la mezzanine. Une délicat fumée se dégageait du bas tandis qu'un petit vrombissement m'indiqua que ma soeur
s'amusait sur notre ancien ordinateur, qu'elle gardé jalousement. Moi je m'en fichais pas mal j'avais le mien! En entendant la porte d'entrée claquer ma mère sortit la tête de la cuisine:
"C'est toi cissou?"
Hélas j'avais un surnom. Cissou. Tous les Cyril du monde doivent l'avoir. Tant que c'est pas Cissi! Je m'en accomodais pas mal habituellement, mais là l'habitude avait autant de place dans cette
histoire qu'un homard dans le désert.
"Oui c'est moi. J'ai ramener une amie à moi. Si je te demande si elle peut rester manger tu diras certainement que c'est possible étant donné
qu'elle est là et qu'on va pas la virer..."
"Arrête de te moquer de moi! Tu pourrais faire les présentations pardi!"
"Oui m'man! Gabrielle, je te présente ma mère: Naliana. M'man, je te présente Gabrielle. On a été au lycée ensemble. Et je vous raconterai pourquoi
elle est là ce soir après manger. Aller viens Gabrielle. Je vais te montrer la chambre!"
"Humm...D'accord. Heureuse de vous rencontrer!"
Elle me suivit dans ce que je pouvais appeler "maison" mais qui pour moi ne serait qu'un refuge de vingt ans. Je lui présentais les différentes pièces:
"Notre entrée débouche direct sur le salon. En haut de l'escalier c'est la mezzanine. Mes parents et ma soeur ont tous un ordinateur, c'est un peu
leur poste de travail."
Je partais à gauche suivi de Gabi:
"Là où se trouvait ma mère c'est la cuisine. Sur notre gauche le vestibule. Tiens je vais pendre ta veste, ce que je fit en la mettant soigneusement
avec la mienne sur un cintre. Ensuite le couloir qui délimite notre partie "nuit". Sur la gauche les toilettes, on en a aussi en haut à côté de la mezzanine. Sur la droite la chambre des parents,
un peu plus loin sur la droite la chambre de ma soeur, bordel total et permanent. Sur la gauche la salle de bain. Et enfin tout au bout c'est mon antre. Ma chambre!"
Je n'avais pas allumé la lumière du couloir et instinctivement je cherchait quand ma main rencontrerait ma porte. Mais j'avais du la laisser ouverte. J'allumais et vis alors que c'était aussi le
bronx:
"Bon d'accord...c'est aussi la guerre dans ma chambre. Mais bon je m'y complait bien."
Au fur et à mesure que je parlais j'arrangeais le lit et mon bureau. Une grande table d'architecte trônait dans le coin de ma chambre. Mon lit sur ma gauche semblait mourir chaque jour. Il y
avait plein de feuilles, de vêtements et de livres, en l'occurence des mangas, qui y trainaient. J'entamais alors avec Gabrielle une petites discussion:
"Bon on se connaît pas très bien. Déjà c'est quoi ton nom? Moi c'est Cyril. Dix neuf ans, bientôt vingt."
"Gabrielle Ange. Je sais que ça peut paraître stupide."
"Pourquoi?"
"Eh bien par rapport aux anges. Gabrielle était l'un des archanges au service de Dieu. Mais je ne suis pas croyante. Et toi crois-tu en quelque
chose?"
"Je ne me suis jamais réellement interréssé à celà mais je crois en deux chose. La réincarnation et le fait qu'il n'y ai pas qu'un seul et unique
Dieu. Mais plusieurs. Un jour un Jésuite m'a demandé si il ne pourrait pas y avoir quelqu'un ou quelque chose au pouvoir immense qui aurait pu créer les Hommes. Il m'a donné en exemple le fait
que l'humanité est quelque chose de complexe. Je ne crois pas en Dieu. Ni dans les dieux mais je les sent présents et expliquant les mystères du monde...Alors tu vois...y a pas que toi qui peut
se sentir con...hahaha!"
Certes se sentir con revient juste à affirmer son point de vue. Du moins dans ce cas là. Gabrielle s'assit sur un coin inoccupé de mon lit. Des fringues en vrac et
bien rangées traînées ci et là. Je les ramasse rapidement pour les mettre tant bien que mal dans une armoire très bien rangé, ironiquement parlant, et refermait le placard dont la surface rouge
dans le style bambou japonais collait avec le papier peint investit par des symboles chinois. La demoiselle fit un petit tour, qui dura environ 10 secondes pour se remettre sur le lit. Elle
semblait épuisée. Je m'assis en face d'elle sur ma chaise roulante, dans le pur style ikéa, et la regardait droit dans les yeux:
"Alors...c'est quoi le programme maintenant?"
"Eh bien...je pense que je n'ai pas vraiment le choix. Je vais rester ici quelques temps et repartir pour chez moi."
"Hummm. Pas mal comme plan. Je pourrais te montrer ce qu'on fait de mieux dans la région!"
"Ah oui...Quoi par exemple?"
"Oh...vadrouiller et s'amuser! Le meilleur des programmes!"
"Oui."
Son petit air innocent fusa droit vers mes yeux. Ses yeux mi-fermés, son sourire serein malgrès les épreuves passées...cette fille me plaisait vraiment beaucoup. Je n'osais lui demander si elle
avait un copin. J'aurais trop honte de passer pour un con. J'allais simplement toussoter comme pour paraître gêner quand ma mère frappa et entra:
"A table. Il y a du riz pilaf et une tarte au courgette."
"Cool mon plat préféré! Merci m'man!"
Tandis que ma mère se retournait pour demander à ma soeur, dans la chambre à côté, de m'aider à mettre la table nous nous levâmes et je conduisit Gabrielle vers le
cuisine. Là mon père rangeait quelques feuilles pleines de chiffres qui semblaient être pour son travail. Il se leva et toisa la nouvelle arrivante lui dit simplement bonjour pour monter à la
mezzanine poser sa paperasse. Chose qui pour moi me paraissait la plus inutile au monde. Je me tourne vers Gabrielle et lui demande de s'asseoir. Seulement elle veut se rendre utile car elle se
sent gênante.
Et nous voilà à 6 dans la cuisine en train de préparer la table ronde, oui elle est ronde. Après les préparatifs nous nous plaçons et ma soeur s'asseoie à la droite de Gabrielle et moi à sa
gauche. Et voilà que le repas commence. Les assiettes sont pleines et le fumet des plats est presque attirant.
Ce fut d'abord un silence oppressant qui nous entoura. Et mon père commença la discussion par lui demander son identité, il faut dire que je n'avais pas présentée la demoiselle à mes parents, de
peur d'une méprise certaine. Les paroles s'échangent, ma soeur essaye de s'en faire une amie, comme toutes les filles de 9 ans. Ma mère cherche à savoir son activité professionelle et mon père
demande des détails.
Les plats sont vidés, enfin sauf celui de ma soeur encore à moitié plein. Ces temps-ci elle est bizarre. Je lève simplement un sourcil et Gabrielle posa sa main sur la mienne avec un sourire.
Elle s'approche et me souffle discrètement à l'oreille:
"Je te dirais comment faire avec ta soeur."
Que voulez-t-elle dire par là? Je ne le saurais que plus tard. Et ce plus tard fut après avoir rangé la table et mit au lave-vaisselle tous le fourbi qui compose le confort humain. Je nettois la
table et fini en fermant le sac poubelle pour éviter les rejets. Ma soeur est déjà devant la télé avec mes parents, une série policière américaine, que j'aime bien, passe. Gabrielle me fait signe
d'aller dans ma chambre. Je la suit, je suis réellement intrigué. Cette charmante jeune fille me tombe dessus et il s'est noué un lien entre nous si fort. Peut être es-ce le fait d'être passé
tout près de la mort? Je me doutais que les quatre molosses ne nous laisserais pas en vie après avoir raté un viol. Il faudra que je fasse attention sortant de chez moi.
Nous entrons, elle me laisse passer et ferme la porte, dans un petit grincement caractéristique des portes souvent frappés violemments. Je m'assoit à la même place que tout à l'heure. Elle prend
place sur le lit, arrangé au passage, et commence à me parler: